La Cour de rĂ©vision et de rĂ©examen se compose d'une commission d'instruction et d'une formation de jugement. La commission d'instruction exerce un premier contrĂŽle qui porte sur la recevabilitĂ© de la demande. Elle peut, aprĂšs une Ă©ventuelle enquĂȘte, envoyer l'affaire devant la formation de jugement. Dans ce cas, la formation de jugement exerce un deuxiĂšme contrĂŽle. Elle peut juger que la condamnation doit ĂȘtre annulĂ©e et l'affaire rejugĂ©e.
1ére étape : examen par la commission d'instruction
Le dossier est d'abord confié à la commission d'instruction de la Cour de révision et de réexamen. La commission doit examiner la recevabilité de la demande.
Si la demande est de toute Ă©vidence irrecevable, elle peut ĂȘtre immĂ©diatement rejetĂ©e par la commission dans une dĂ©cision qui comporte les motifs. Il n'existe pas de recours contre cette dĂ©cision.
Avant de rendre sa dĂ©cision, la commission peut ordonner un supplĂ©ment dâinformation pour que des actes d'enquĂȘte soient effectuĂ©s (audition, expertise...). Le demandeur peut aussi demander la rĂ©alisation d'actes d'enquĂȘte. La commission peut rejeter cette demande. Elle doit rendre sa dĂ©cision sur cette question dans un dĂ©lai de 3 mois.
Lorsqu'une nouvelle personne paraĂźt ĂȘtre impliquĂ©e dans les faits, la commission d'instruction avise le procureur de la RĂ©publique qui doit effectuer une enquĂȘte. Si besoin, il peut ouvrir une information judiciaire.
Ă noter
le condamné ou la commission d'instruction peut demander la suspension de la condamnation, notamment si le condamné est en prison. Cette demande est examinée par la chambre criminelle de la Cour de cassation.
Avant de dĂ©cider si la demande est recevable ou non, la commission va demander les observations orales ou Ă©crites du requĂ©rant, du ministĂšre public et de lâĂ©ventuelle partie civile.
AprÚs les débats, la commission rend une décision. Si la demande est jugée recevable, la formation de jugement est saisie. Si la demande n'est pas recevable, la procédure prend fin et la décision ne sera pas révisée.
La décision doit comporter les motifs. Il n'existe pas de recours contre cette décision.
Ă savoir
le demandeur et la partie civile peuvent demander une copie du dossier.
2éme étape : examen par la formation de jugement
C'est la formation de jugement qui décide ou non de réviser la condamnation.
Si elle estime que l'affaire n'est pas prĂȘte pour ĂȘtre jugĂ©e, la formation de jugement peut demander un supplĂ©ment d'information.
Lorsque l'affaire est prĂȘte, une audience a lieu. Lors de cette audience, le requĂ©rant ou son avocat, le ministĂšre public ainsi que l'Ă©ventuelle partie civile ou son avocat sont entendus.
AprÚs l'audience, la formation de jugement rend une décision. Dans cette décision, elle peut rejeter ou accepter la demande de révision. Si elle refuse, la condamnation initiale est confirmée. Si elle accepte, la condamnation est annulée. La formation de jugement peut alors demander un nouveau procÚs devant une autre juridiction identique à celle qui a rendu la décision attaquée. Par exemple, c'est un renvoi devant une autre cour d'appel si la décision attaquée a été rendue par une cour d'appel.
La chambre criminelle de la Cour de cassation peut prononcer la suspension de la peine de prison de la personne concernée. Cette derniÚre sera alors libre jusqu'à son nouveau procÚs. Dans le cas contraire, elle sera libérée à la fin de sa peine initiale.
La formation de jugement peut aussi décider qu'il n'y aura pas de nouveau procÚs dans l'un des cas suivants :
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Si le condamnĂ© est dĂ©cĂ©dĂ© (son innocence est quand mĂȘme reconnue)
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S'il y a prescription. Dans ce cas, la personne est définitivement reconnue innocente. Si elle est toujours emprisonnée, elle est libérée.
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Si les faits qui ont justifié la révision innocentent totalement la personne concernée. Dans ce cas, la personne est définitivement reconnue innocente. Si elle est emprisonnée, elle est libérée.
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En cas d'amnistie
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En cas d'irresponsabilité pénale
La décision de la formation de jugement ne peut pas faire l'objet d'un recours.
Ă savoir
un condamnĂ© reconnu innocent Ă la suite d'une rĂ©vision a le droit de demander rĂ©paration de son prĂ©judice matĂ©riel et moral que lui a causĂ© la condamnation. Toute personne justifiant d'un prĂ©judice causĂ© par la condamnation peut Ă©galement demander rĂ©paration. La rĂ©paration est versĂ©e par lâĂtat.